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Trop transparent pour être libre ? Ethereum, cette fabrique décentralisée à rêves cryptés, traîne une tare dans son code : la vie privée, elle n’en fait pas vraiment cas. Chaque clic, chaque transaction, chaque interaction est gravée dans le marbre public de la blockchain. L’idéal cypherpunk d’un Internet souverain semble s’être dilué dans une soupe de smart contracts traçables à l’infini. Mais voilà que Vitalik Buterin retrousse ses manches. Le cofondateur de l’empire éthérisé propose une feuille de route pragmatique, pas pour tout révolutionner… mais pour enfin protéger l’utilisateur lambda comme un vrai citoyen du Web3.

Dans un post austère mais tranchant, Vitalik Buterin identifie les quatre zones critiques où la vie privée se fait humilier quotidiennement :
Son objectif ? Pas de grand soir cryptographique, mais une série de correctifs concrets qui ne nécessitent aucune refonte de la couche 1. On optimise ce qui existe. On ajoute un soupçon de stratégie.
Et surtout, on agit sans attendre la Sainte Mise à Jour d’Ethereum 4.0.
MetaMask, Rabby et tous les autres sont appelés à se réveiller. Fini les extensions qui vous exposent comme une pancarte lumineuse. Buterin veut qu’elles intègrent nativement des outils comme Railgun ou Privacy Pools. L’utilisateur n’aura pas à choisir entre anonymat et simplicité : il aura un solde « blindé » par défaut, et des options de paiement discret à portée de clic.
Autre changement radical proposé : une adresse différente par application. Moins pratique ? Assurément. Mais comme dit Vitalik, « c’est une balle à avaler ». Car cette fragmentation casse les ponts entre les usages et rend la surveillance bien plus ardue.
Et pour ne pas griller ses propres adresses entre elles, l’envoi de fonds à soi-même doit, lui aussi, devenir invisible par défaut. C’est du bon sens cryptographique : on ne laisse pas de miettes quand on veut brouiller les pistes.
L’arsenal technique de Buterin ne s’arrête pas là. Il pousse à adopter FOCIL et EIP-7701, deux standards qui permettraient aux protocoles de confidentialité d’opérer sans relayeurs ni points centraux. C’est la clé pour échapper à la censure, tout en fluidifiant les usages.
Mais la discrétion passe aussi par les RPC. Aujourd’hui, interroger la chaîne revient à tendre sa carte d’identité. La solution ? Des Trusted Execution Environments (TEE) pour le court terme, puis, des systèmes PIR quand la technologie sera mûre. Et surtout, passer par des mixnets, ces VPN mutés en ninja de l’anonymat.
Autre astuce : l’agrégation de preuves. En fusionnant plusieurs transactions dans une seule preuve cryptographique, on réduit les frais et on facilite l’adoption. Le tout sans perdre l’essence du « Zero Knowledge ».
Enfin, Buterin évoque des portefeuilles capables de changer de clés sans exposer les anciennes, offrant à chacun le droit de renaître numériquement, sans que personne ne puisse remonter son historique.
Points clés à retenir :
Le message est clair : pas besoin de voter une révolution technique pour reconquérir la vie privée. Le chantier se joue ici et maintenant, dans les portefeuilles, les standards et les habitudes. C’est une réforme douce, mais fondamentale. Comme le rappelle le tweet repris par Vitalik : « Make Ethereum Cypherpunk Again » n’est pas un slogan. C’est un acte de résistance.
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